Vittoria Borsò
Moderne der Jahrhundertwende(n)
Internationaler Kongress an der Heinrich-Heine-Universität Düsseldorf, 1998

Kunst, Kapital, Reproduktion an den Jahrhundertwenden
portrait

Charles Grivel

Dans la modernité, à reculons: La fin de la représentation dans les ouvrages récents d'Emmanuel Hocquard

Moderne (la littérature) est un livre qui interroge sa nature de livre, ainsi que la raison de celui qui lui donne son nom (l'auteur). Moderne est un récit qui ne recouvre pas ou excède la forme du livre (et la forme de raison que l'auteur lui prête): il est fragment, il est défaut, boucle et reboucle; sa fin n'est pas satifactive — car il répugne à convoyer un sens. Sa forme est l'enquête (sans résultat, elle se clôt sur un non-lieu), l'interrogatoire (sans commission rogatoire), l'observation inquiète (mais professionnelle). Plus les informations s'accumulent dans le cerveau narrateur, plus l'incertitude gagne. C'est une réponse à la machinerie informationnelle aux commandes de laquelle nous voici propulsés — un être dans le réseau perd pied dans un livre. Plus il clique sur son clavier, plus il envoie en mission lointaine (ou prochaine) son "commanditaire", afin d'en avoir le coeur net. Le dossier d'interrogations qu'il lui remet au départ est inconsistant comme le monde dans lequel il se trouve: qu'y a-t-il à savoir, à faire ou à éprouver dans ce monde, non plus convulsif (celui de l'imaginaire), mais compulsif (celui de l'appareil)? C'est pour cela que le commanditaire doit poursuivre sa mission en aveugle, dans la quasi-irréalité de l'espace urbain généralisé, c'est pour cette raison que la question de la reproduction est sans fondement désormais. Un monde délité dans les images qu'il prend correspond dans le livre l'inconstitution de la mémoire. Moderne est un monde aveugle, séparé de son passé. Aucune monumentalité n'est à même de compenser ce manque: le plumage du cygne traîne dans la flaque des chantiers et des ruines, dirait Baudelaire.

Audio/Video

Fotografien

foto
foto